Le drame du
Vercors - 5


e général Cochet le sait parfaitement. Il adresse aussitôt un télégramme au quartier général des forces aériennes alliées en Méditerranée, qui se trouve à Naples.
Demande : envoi immédiat reconnaissance aérienne pour renseigner sur progression allemande sud Vercors et si possible sur position parachutistes et troupes amies; préparation intervention aérienne sur colonnes allemandes. Réclamons urgence bombardement Chabeuil et celui de Saint-Nizier. Insister sur le fait que les F.F.I. Vercors représentent une division et que tous les efforts consentis jusqu'à ce jour seront vains s'ils sont écrasés.

Cette intervention du général Cochet n'est pas la première, à beaucoup près. Depuis la fin du mois de juin, il n'a cessé de réclamer l'envoi de renforts dans le Vercors et le bombardement des objectifs militaires, en particulier de l'aérodrome allemand de Chabeuil, situé au pied même du plateau.

Il ne s'est pas contenté de télégraphier à Naples. Il s'y est rendu lui-même le 13 juillet, pour donner à son intervention un caractère plus pressant. Il a rencontré le général américain Ira C. Eaker, qui commande l'aviation alliée en Méditerranée : 5 000 appareils, dont près de 3 000 basés en Corse et en Sardaigne.

Le général Cochet parvient à convaincre les Américains de réserver les appareils français incorporés à ses escadres pour des missions d'aide au maquis. Il réclame à nouveau une intervention contre l'aérodrome de Chabeuil. On lui promet formellement de « faire le nécessaire ».

Le 18 juillet, le plan Montagnards est revenu à la surface, à la suite d'une visite que Pierre Dalloz a faite à Alger au lieutenant-colonel Constans.

En interrogeant cet officier, qui est spécialement chargé des maquis, il découvre avec stupéfaction que le projet d'intervention dans le Vercors ne fait pas partie des programmes alliés. Comment pourrait-il en être autrement ? Le fameux plan n'a toujours pas été transmis aux "états-majors anglais et américain" !

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